2026/10/06

Hot Frog !

Dans ma série « l’homme n’est qu’un animal »*, après l’hommoutruche et un déjà assez philosophique et anthropologique questionnement sur notre réelle nature dans ce bas monde. Je récidive ici suite aux tragiques bouleversements climatiques de cet été mais qui se généralisent et surtout s’intensifient d’année en année et surtout après à ma lecture pas anodine d’un ouvrage choc pour moi : le Syndrome de la Grenouille, d’Ivar Ekeland.

Alors pour ceux qui me connaissent un peu, vous vous dites « Ah ! Alors, il ne lit pas que des livres avec plus de dessins que de texte ! ». Mais pour ceux qui me connaissent vraiment, vous savez que je suis un angoissé de la vie, un cérébral qui se pose plein de questions sur lui-même et ses proche(ain)s.
Alors je ne me suis pas mis à lire cet essai par hasard : je flânais dans la bibliothèque de ma tante & mon oncle, quand je suis tombé sur ce titre, qui m’a intrigué. Puis le 1er paragraphe de la quatrième de couverture a fini de piquer ma curiosité :
Une malheureuse grenouille mise à cuire dans une marmite tolère une élévation régulière de la température de l’eau, alors qu’un ébouillantement brutal la ferait réagir aussitôt. De même, le réchauffement climatique est insidieux : il n’est perceptible qu’à l’échelle de la décennie, voire du siècle, n’implique aucune décision urgente et, de fait, est régulièrement repoussé sur l’agenda des politiques dont l’horizon excède rarement quelques années.
J’avoue que ça m’a malheureusement furieusement parlé tant ce dernier été nous a tous profondément marqué. Personnellement j’ai eu la chance de ne pas être affecté comme ceux qui ont tout perdu dans les Méga-Feux en Gironde, par exemple car je ne parle ici que de la France. Mais cela m’a énormément perturbé car j’avais l’impression autour de moi que les gens en parlaient comme si c’était un n-ième fait divers entendu ou vu et passaient pour certains à d’autres sujets sans aucune empathie. Pire certains basculaient sur des sujets comme la dernière info sur l’IA « machin », sans se rendre compte qu’on parle alors de ce qui contribue le plus en ce moment à la croissance exponentielle de notre consommation électrique et donc poursuit notre affolante destruction de notre planète**.

Revenons sur ce livre (datant de 2015 !!!) et cette analogie tellement vraie de ce comportement de batracien avec notre attitude généralisée face à ce qui nous pousse à notre perte. Personnellement, longtemps affecté (et pas depuis avant ce dernier été) par ce constat, j’ai arrêté de me prendre la tête avec ce que je ne peux pas contrôler à part de faire de bien trop petits gestes à l’échelle planétaire. J’essaie de me préparer et préparer mes proches(ains) en faisant des gestes conscients, anticipés et les plus mesurés possibles. Car ignorant le préventif, devant le fait accompli nos gouvernants tentent le curatif mais, au final, si on n’anticipe pas une baffe ou encore plus un uppercut, le choc peut violemment secouer le cerveau. Et sur le terrain, endormis et donc pas préparés, on panique et sur-réagit de façon totalement irrationnelle. On est à flux tendus comme les supermarchés provoquant des ruptures de stocks de PQ dans les rayons alors qu’on était déjà dans la merde avant ! Demain quand il n’y aura plus d’essence et donc par effet boule de neige plus de nourriture, il faut avoir conscience que l’homme va (devoir) revenir à des attitudes primaires et ce de façon d’autant plus violente qu’on est devenus névrosés et frustrés par notre propre condition de vie. Rendu anxiogène à souhait, le quotidien nous pousse à baisser les yeux pour ne pas voir ce que les politiques cherchent de toute manière à masquer, bien aidés par les acteurs du capitalisme d’attention (médias, fournisseurs de contenus, …), qui nous force à détourner le regard du vrai, du réel et du logique. 

Il faut malheureusement avoir conscience qu’on est tous embarqué dans un avion qui va se crasher et ce même si on est loin d’être les principaux responsables de ce crash ! Et les actuelles catastrophes climatiques ne sont que les prémisses du vrai crash ! Tout comme un objet cosmique subit d’abord les effets de l’entrée dans l’atmosphère avant de s’écraser, le monde subit actuellement des événements primaires avant un vrai choc pour lequel personne n’est prêt. Et ce d’autant que le numérique, le « médiatique » et surtout le politique nous a enlevé toute forme d’éveil conscient. On est tous anesthésiés et on croit bien supporter la douleur actuelle quotidienne, que nous finissons par « apprivoiser » mais on n’est pas prêt à la vraie souffrance physique et mentale à venir.

Je ne suis pas en train de parler la fin du monde. Je suis convaincu par les collapsologues qui prévoient un effondrement de notre civilisation industrielle. Alors oui nous sommes tous devenus comme une grenouille dans une marmite sur un feu. C’est de plus en plus chaud ! Il faut réagir maintenant, gagner en autonomie et surtout ne pas s’accommoder dans un confort apparent et précaire. Le vrai inconfort arrive …

Alors je ne m’appelle pas Pierre ! Vous pouvez me dire « Ta gueule ! » mais c’est inéluctable : « il va faire tout noir ! » …


* Je me rend compte que je suis finalement à fond dans la Zooanthropie ! Je n’arrête pas de toujours tout ramener aux animaux quand je réfléchis sur ou parle de notre époque de déglingos.

** Si seulement l’IA, cette nouvelle invention révolutionnaire marque de notre soi-disant progrès, nous aidait au moins à trouver ce dont on a réellement besoin actuellement : des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique ou au moins contre notre inintelligence naturelle à demander de faire danser des petits chatons sur une musique débile !


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